Voici une étudiante qui mérite ses études en soulevant de vraies questions, que les think tank et ONG ultra subventionnés, soi-disant boîtes à idées, ignorent totalement...
Tout comme les politiques, qui faute d'être capables d'avoir des idées, s'en remettent béatement aux discours évangélistes des gourous des sectes lobbystes.
Rina Badariotti,
Étudiante en Master en management de l'innovation à l'université Paris-Dauphine et à l'école des Mines (PSL), qui à droit à son Wharol, comme toutes les stars.
Dorénavant, dans ce monde gouverné par le crétinisme le plus absolue, la Wharolisation sera le terme désignant l'effiscience intellectuelle en tout domaine.
L'embrasement du détroit d'Ormuz depuis plus de deux mois et la destruction des infrastructures de GNL au Qatar ont brutalement plongé l'Europe dans une insécurité énergétique majeure, rendant l'accélération de l'électrification vitale.
Cette transition, dictée par l'urgence de la guerre, impose une refonte radicale de nos réseaux et une redistribution des coûts de souveraineté entre l'État et les citoyens.
Si la stratégie offensive de la Chine sur les filières vertes accentue la pression industrielle, elle se déploie dans un contexte de marché mondial instable où l'idée d'une abondance pétrolière devient incertaine.
Dans ce contexte, la question centrale n'est pas tant de savoir si la décarbonation est souhaitable, le consensus scientifique est tranché, mais comment en répartir équitablement les coûts, et selon quelle trajectoire temporelle.
Le nucléaire et l'éolien : des factures d’infrastructures qui se comptent en décennies La décarbonation recompose en profondeur la répartition des charges entre producteurs, investisseurs et consommateurs.
En effet, le premier défi est structurel car les technologies bas carbone comme les renouvelables, le nucléaire, ou les réseaux intelligents nécessitent un apport élevé en capital initial.
L’éolien offshore coûte jusqu’à 4 000 euros par kilowatt installé, et une centrale nucléaire peut nécessiter une dizaine d'années de construction.
Ce modèle d'investissement est donc à l'opposé de celui des CAPEX relativement faibles et des coûts d'exploitation (OPEX) élevés des centrales fossiles.
Face à ces défis, la répartition entre production de base, semi-base et pointe doit désormais intégrer la variabilité renouvelable, les besoins de flexibilité et la nécessité de contrats de long terme comme les PPA capables de sécuriser les investissements sans déconnecter les acteurs des signaux de marché.
L'intermittence, un coût caché que le marché ne couvre pas Par ailleurs, la part « intermittente » de la production renouvelable dépend du vent et du soleil, non de la demande. Cette intermittence n'est pas seulement un problème d'équilibre offre-demande à l'instant T, en effet elle oblige à repenser l'architecture entière du système électrique.
Les gestionnaires de réseau comme RTE doivent ainsi anticiper les « paysages de défaillance » ; ces configurations où la production ne peut couvrir la demande.
Ce qui implique de maintenir des capacités de back-up, souvent au gaz, d'investir massivement dans le stockage et de renforcer les interconnexions.
Chacun de ces postes représente un coût que la seule valorisation des kilowattheures renouvelables ne suffit pas à financer.
Trop de solaire tue-t-il sa rentabilité ?
L'intégration massive des renouvelables génère également des distorsions de marché qui alourdissent la facture globale.
Lorsque la production solaire est abondante en milieu de journée, les prix spot peuvent tomber à zéro, voire devenir négatifs.
Ce phénomène, documenté par plusieurs études européennes(1), érode la rentabilité des actifs existants à commencer par le parc nucléaire français, contraint à des cycles de modulation qui accélèrent l'usure et augmentent les coûts de maintenance.
Ainsi, plus la part des renouvelables à coût marginal nul s'accroît, plus leur valeur marchande s'érode, fragilisant les signaux d'investissement pour de nouvelles capacités.
Face aux défaillances de marché, l'État absorbe donc une part croissante de la transition et en fait un levier de puissance géopolitique.
La facture climatique européenne : 960 milliards par an, dès 2030 Selon les estimations du Climate Advisory Board européen(2), les investissements climatiques de l'Union doivent passer d'environ 220 milliards d'euros par an sur la période 2017-2020 à près de 960 milliards annuels d'ici 2030 pour rester compatibles avec une trajectoire « bien en dessous de 2°C ».
Cela représente 30 à 40 % de la formation brute de capital fixe (FBCF)(3) au niveau européen à réorienter en moins d'une décennie. L'Europe prise en étau entre la Chine et les États-Unis L'Europe doit donc simultanément financer sa transition, soutenir ses industries stratégiques (éolien offshore flottant, réseaux intelligents, électrolyse et certains matériaux avancés) et diversifier ses approvisionnements.
Pour Marc-Antoine Eyl-Mazzega, elle est prise en étau entre Washington et Pékin qui a massivement subventionné ses capacités manufacturières dans les technologies bas carbone(4) et possède une emprise croissante sur les terres rares et le midstream des chaînes de valeur critiques. Tuong-Vi An-Gourfinkel a pour sa part montré que le prix du carbone européen est quasiment dix fois supérieur au signal prix chinois équivalent.
Cela crée une dépendance structurelle aux approvisionnements chinois exposant l'Europe à des risques de restrictions d'exportation et rend plus difficile le développement d'une filière industrielle propre et nécessite donc une politique coordonnée.
Taxe carbone, aides directes, banques publiques : la boîte à outils de l'État Face à ce défi, les États disposent de trois instruments complémentaires.
Le premier est la tarification du carbone, qui génère des recettes publiques susceptibles de financer la transition et d'alléger son coût net.
Le deuxième est la subvention directe, via les appels d'offres publics, les contrats de long terme et les programmes industriels européens.
Le troisième levier est le refinancement par les banques de développement publiques pour abaisser le taux auquel les investissements verts sont financés.
Des études montrent qu'à 3 % de coût du capital, l'éolien est moins cher que le gaz mais qu'il devient plus cher à 6 %. Ces outils de politiques publiques permettent donc à l’État de redistribuer efficacement, entre acteurs pollueurs et contribuables, les coûts et les bénéfices de la transition de décarbonation à horizon 2050.
Enfin, les débats sur les marchés de gros et les politiques industrielles tendent à occulter le coût final de la décarbonation pour le consommateur.
Une fracture pour le contribuable : entre promesse verte et facture réelle.
C'est pourtant sur la facture de ce consommateur que se répercutent les coûts d'infrastructure, les mécanismes de soutien aux renouvelables et les aléas du prix spot. Et c'est sur son comportement que repose, en partie, la réussite de la transition. L'acceptabilité sociale de la transition se joue précisément dans cet écart entre la promesse d'une énergie verte et abondante, et la réalité d'une facture qui ne baisse pas.
L’International Carbon Action Partnership (ICAP) estime que trois quarts des recettes des enchères de quotas carbone des États membres ont servi, entre 2013 et 2021, à des actions de lutte contre le changement climatique.
En France, depuis 2013, les revenus des enchères de quotas carbone (SEQE-UE(6)) sont légalement destinés à l'Agence nationale de l'amélioration de l'habitat (ANAH) pour financer la rénovation thermique (comme MaPrimeRénov'), avec un plafond fixé à 700 millions d'euros pour 2023 et 2024, le surplus étant reversé au budget général.
Voici donc un exemple concret d’une redistribution, selon le principe du « pollueur-payeur », des coûts de la décarbonation entre entreprises et contribuables.
Rénover son logement : un investissement à 120 ans de retour Face à la hausse des coûts, la réponse politique dominante a longtemps misé sur la rénovation énergétique des logements.
Mais une étude du CERNA (2020) exploitant l'enquête « Maîtrise de l'Énergie » de l'ADEME révèle que 1 000 euros de travaux de rénovation ne réduiraient en moyenne sa facture énergétique que d'environ 8,4 euros par an, soit un temps de retour sur investissement d'environ 120 ans si l'on s'en tient aux seules économies d'énergie réalisées.
Ce qui s’explique par l'effet rebond - les ménages qui améliorent leur isolation tendent à chauffer davantage - mais aussi par le ciblage imparfait des dispositifs publics. La sobriété des usages, présentée comme un levier quasi gratuit de la transition, se heurte également au maintien des investissements dans le marché pétrolier et gazier(7).
Néanmoins, la transition crée des filières industrielles à haute valeur ajoutée : éolien offshore, batteries, hydrogène, nouveau nucléaire dont la maîtrise technologique est devenue un enjeu de souveraineté.
Décarbonation entre le court et le long terme : le vrai défi est politique Les bénéfices industriels sont concentrés alors que les coûts de la transition sont diffus et incertains.
À long terme, la décarbonation produit des bénéfices collectifs considérables comme la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la sécurité d'approvisionnement avec une moindre dépendance aux combustibles fossiles importés.
Cependant ces gains sont différés, incertains dans leur distribution, et politiquement difficiles à valoriser. C'est là le défi central de la décarbonation : non pas technique, non pas financier dans son principe, mais politique dans son exécution. Réconcilier l'horizon de l'investisseur, qui se mesure en décennies, avec celui du consommateur, qui se mesure en fin de mois.
Répartir équitablement une charge qui, mal calibrée, risque d'alimenter un rejet populaire de la transition elle-même, ce qui serait le pire des scénarios pour le climat comme pour l'économie.
parue le 18 mai 2026
J'ai écris en vert les remarques les plus pertinentes et en rouge, celles avec lesquelles je suis en désaccord.
Tout d’abord, les financements, il faut en finir avec les subventions qui bénéficient aux amis, au détriment des consommateurs contribuables et de l’économie réelle.
Des taux zéro pour les producteurs d’énergies dans les activités suivantes :
Incinérateurs à déchets avec récupération du CO₂ et transformation en e-fuel
Producteurs de bioéthanol et pépinières permettant une végétalisation massive dans toute l’Europe
Géothermie de surface
Solaire à concentration
Système ETM
Photovoltaïque hybride biface et photovoltaïque organique
Batteries au sodium et moteurs électriques sans aimants pour les véhicules utilitaires
Matériels électriques et électroniques
Gazéification du charbon européen par pyrolyse, produisant un gaz épuré de son CO₂ et de l’hydrogène pour les e-fuels au meilleur coût, donc, sans taxes carbone.
Productions de véhicules flex-fuel et carburation gaz de charbon européen épuré (moins cher que le GNL importé), pour les particuliers et interdiction des diesels neufs
Data centers immergés intégrés dans les fondations des bâtiments neufs
Construction sans béton hors fondations
Béton recyclé à la chaux et sans eau
Dalles de chaleur et volants d'inertie
Moteurs Stirling
Énergie bois
Puits canadien pour les bâtiments
Canalisations d’eau et de vapeur
Stations d’épuration des eaux
Production de quartz, de graphite synthétiques, de matériaux carbone, et si possible, d’hélium géothermale, ainsi que de l'azote et de l'hydrogène pas cher, pour pouvoir remplacer l'hélium
Recyclage des métaux et du verre
Peintures algales et à la chaux
Filière du lin et du chanvre
Ferroviaire et fluvial
Drones de fret et plus largement, drones tout court
Bioplastiques pas obligatoirement recyclables
Nul besoin de terres rares et de minerais critiques, hors électronique et cuivre pour l’électricité, dont il faut restreindre les champs d’utilisation, en commençant par les radiateurs et les clims et réduisant drastiquement le besoin artificiel de réseaux haute-tension supranationaux.
Ajoutons-y la suppression progressive du gaz de cuisson et de chauffage, ainsi que celle de tous les plastiques non indispensables et la production d’engrais 100 % bio pour une agriculture devenant 100 % bio.
Second point, ni l’éolien, ni les moteurs à hydrogène, ni le nucléaire, ne sont porteurs d’indépendance.
C’est au contraire de l’hyper dépendance aux terres rares, minerais critiques et uranium, mais aussi de l’hyper dette, créant une économie hyper inflationniste.
Enfin, le marché n’est pas défaillant, c’est l’État qui pour l’heure est incapable de relocaliser des productions dont on ne peut se passer, incapable de tourner définitivement la page de l’économie obsolète du XXᵉ siècle.
Le problème étant que les logiciels des partis censés nous représenter sont eux aussi obsolètes.
Ce pourquoi on commence par supprimer les subventions et prêter à taux zéro :
Montant de ces subventions ?
Je vais (IA) fournir un résumé des principaux montants récents des aides/subventions aux entreprises en France et au niveau de l'Union européenne, en présumant l'année de référence la plus récente disponible (2024–2025). Si vous voulez une année précise dites-le.
France — principaux dispositifs et montants (estimations 2024)
Crédit impôt recherche (CIR) : coût budgétaire d'environ 6–7 milliards d'euros par an pour l'État (avantage fiscal majoritaire pour entreprises innovantes).
Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) : supprimé et remplacé par des baisses de cotisations ; impact budgétaire annuel non applicable aujourd'hui.
France 2030 (plan d'investissement) : enveloppe totale ~54 milliards d'euros (2021–2030) incluant aides aux entreprises (subventions, avances remboursables, investissements).
Aides de Bpifrance (prêts, garanties, subventions) : volumes annuels cumulatifs de l'ordre de plusieurs dizaines de milliards en appui (ex. interventions directes et garanties >20–30 milliards/an selon les années).
Fonds de transition et plan de relance (France Relance) : 100 milliards d'euros (2020–2022) déployés, dont plusieurs dizaines de milliards pour entreprises (subventions, prêts, investissements).
Aide à la décarbonation / transition écologique (ADEME, fonds chaleur, etc.) : centaines de millions à quelques milliards par an selon les dispositifs.
Subventions régionales et locales : montants variables par région (de quelques millions à centaines de millions par région/an).
Union européenne — principaux programmes et montants (estimations 2021–2027 / 2024)
Horizon Europe : budget cadre ~95,5 milliards d'euros (2021–2027) principalement pour recherche et innovation, aides aux entreprises (subventions de R&D).
Fonds de cohésion et FEDER : environ 226 milliards d'euros pour la politique de cohésion (2021–2027) — une part significative soutient les entreprises régionales.
Plan de relance NextGenerationEU : 800 milliards d'euros (prix courants) au total, avec des fonds attribués aux États membres pour soutenir entreprises et transition ; montants déployés aux entreprises varient par pays.
InvestEU : garantie budgétaire de 26,2 milliards mobilisant des investissements privés et publics pour soutenir entreprises (financement et instruments financiers).
Programme pour l'emploi et l'innovation sociale, COSME : budget plus limité (environ 3 milliards pour 2021–2027) ciblant PME.
Fonds pour une transition juste : ~17,5 milliards d'euros (fonds combinés 2021–2027) pour régions affectées par transition, y compris aides aux entreprises.
Notes et limites
Chiffres ci‑dessus sont des ordres de grandeur combinant crédits budgétaires, avantages fiscaux et instruments financiers ; le montant effectivement versé en subventions directes est souvent plus faible car une part est sous forme de prêts/garanties ou de crédits d'impôt.
